Évaluation participative de l’évolution des ressources ligneuses des parcs agroforestiers de Koni et de Bini bioclimat soudanien
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.23836595Keywords:
Perception Locale, Parc Agroforestier, Bioclimat Soudanien, Régénération Naturelle Assistée, Dynamique De La Végétation, Mali.Abstract
Les parcs agroforestiers constituent le pilier des paysages agraires en Afrique de l’Ouest, assurant des fonctions écologiques, économiques et socioculturelles essentielles. Malgré leur importance, ces systèmes subissent une dégradation accélérée ces dernières années, fortement accentuée par les changements climatiques. Les méthodes d'évaluation classiques (inventaires forestiers, imagerie spatiale) s'avèrent coûteuses, manquent parfois de recul historique et excluent souvent les usages ainsi que les savoirs locaux des producteurs. Cette étude vise à évaluer, via une approche participative, la dynamique des ressources ligneuses dans les parcs agroforestiers afin de co-développer des stratégies d'adaptation et de réponse à cette dégradation. La recherche s’est déroulée dans la commune rurale de N’Gouraba (zone bioclimatique soudanienne au Mali), plus précisément dans les terroirs villageois de Koni et de Bini. Des entretiens semi-structurés ont été menés auprès d'un échantillon représentatif de 131 chefs d'exploitations agricoles. Les résultats mettent en évidence des perceptions locales très contrastées sur la dynamique de la végétation et ses facteurs d'évolution. Selon les producteurs, les espèces arboricoles en nette augmentation sont l'anacardier, le manguier et le jujubier. Cette dynamique positive est stimulée par des actions anthropiques directes : plantations dirigées, greffage, surveillance accrue et adoption de la Régénération Naturelle Assistée (RNA). À l'inverse, le karité, le néré et le figuier (Ficus) sont perçus comme étant en régression ou en voie de disparition. Cette baisse critique est imputée à la fois à des facteurs humains (abattages pour l'extension agricole, surexploitation du bois) et naturels (sécheresses, vents violents, attaques de bioagresseurs). L'hétérogénéité des perceptions montre que l'intérêt socio-économique accordé à une espèce dicte directement son mode de gestion et son niveau de protection. Ces connaissances endogènes s'avèrent indispensables pour orienter les futures politiques de développement communautaire et garantir une gestion durable et résiliente des parcs agroforestiers.
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