Migrations Chinoises et Africaines en France : territoires d'installations, pratiques spatiales et processus d'intégration dans les métropoles françaises

Authors

  • Abdoulay Mfewou
  • Ornella Tsafack

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.21854251

Keywords:

Ancrage territorial, Économie migratoire comparée, France, Migrations africaines, Migrations chinoises,

Abstract

Cet article analyse les processus par lesquels les migrants chinois et africains façonnent les espaces urbains dans les métropoles françaises, en articulant comment leurs trajectoires migratoires distinctes contribuent à la transformation des paysages urbains. L'étude a adopté une approche comparative, multi-échelle et fondée sur des méthodes mixtes, combinant des techniques quantitatives et qualitatives. Elle s'est appuyée sur des données de l'INSEE et sur une étude de terrain effectué pendant trois ans sur 719 migrants (54,1 % de Chinois et 45,9 % d'Africains), ainsi que sur des entretiens semi-directifs, des observations des zones d'installation et une analyse statistique et cartographique des dynamiques de concentration, de dispersion et de territorialisation des migrants. L'étude a été menée dans cinq aires urbaines françaises aux profils migratoires distincts: Paris, l'Île-de-France (hors Paris), Lyon, Bordeaux et Toulouse choisi au hasard. Les résultats montrent que les flux migratoires chinois et africains sont fortement influencés par les dynamiques métropolitaines; les grandes villes constituent des destinations privilégiées pour l'installation en raison de la concentration d'emplois, d'Universités, de services et de réseaux migratoires. L'Île-de-France demeure la principale destination, concentrant 55,6 % des individus concernés, tandis que Lyon, Bordeaux et Toulouse s'affirment comme de nouveaux pôles d'attraction migratoire. Toutefois, une analyse comparative révèle deux modèles distincts d'implantation territoriale. Les migrants chinois développent principalement un modèle d'installation économique fondé sur l'entrepreneuriat, le commerce ainsi que sur des réseaux familiaux et économiques. Près de 46,3 % d'entre eux exercent une activité entrepreneuriale ou commerciale. Leurs zones d'implantation servent d'interfaces entre la France et les économies asiatiques, conjuguant des fonctions résidentielles, commerciales, sociales et internationales. À l'inverse, les migrants africains présentent un modèle d'installation davantage fondé sur les dimensions sociale et relationnelle, structuré autour du salariat, des liens familiaux, du tissu associatif et des réseaux religieux. Les résultats montrent que 42,4 % des migrants africains sont salariés et que 36,4 % résident dans des logements sociaux. Leurs lieux d'installation jouent un rôle majeur dans leur accueil, le soutien administratif, l'accès à l'emploi et le développement d'un sentiment d'appartenance. L'étude démontre ainsi que les migrants chinois et africains ne forment pas des groupes isolés au sein des villes françaises, mais contribuent activement à remodeler les espaces urbains en revitalisant les paysages commerciaux, en favorisant la diversité culturelle et en renforçant les liens internationaux des métropoles. L'intégration apparaît dès lors comme un processus dynamique de construction de formes d'appartenance multiples, conjuguant ancrage local, les liens avec les régions d'origine et participation à des réseaux transnationaux. Les perspectives de recherche invitent à un recours aux outils numériques et aux données géolocalisées pour analyser les nouvelles formes d'interaction sociale et d'organisation économique engendrées par les réseaux migratoires contemporains.

Published

2026-08-08

How to Cite

Abdoulay Mfewou, & Ornella Tsafack. (2026). Migrations Chinoises et Africaines en France : territoires d’installations, pratiques spatiales et processus d’intégration dans les métropoles françaises. Revue Internationale De La Recherche Scientifique (Revue-IRS), 4(4), 7134–7153. https://doi.org/10.5281/zenodo.21854251