Rationalisation des ressources humaines et protection des droits de propriété intellectuelle : une analyse des leviers organisationnels de la Direction Générale des Douanes et Accises de la RDC
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.21722606Keywords:
Gestion des ressources humaines, Administration des douanes, Droits de propriété intellectuelle, Contrefaçon, République démocratique du Congo, Performance organisationnelle, Réforme du secteur public, GRH stratégiqueAbstract
Cette étude examine comment la rationalisation stratégique de la gestion des ressources humaines (GRH) peut servir de levier pour optimiser la protection des droits de propriété intellectuelle (DPI) aux frontières de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré un cadre juridique complet comprenant le Code des douanes (2010), le Tarif douanier (2012), ainsi que les lois sur la propriété industrielle et le droit d'auteur, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) peine à lutter efficacement contre la contrefaçon et le piratage en raison de déficits structurels de gouvernance interne. Adoptant une posture épistémologique réaliste-critique et une approche méthodologique mixte fondée sur l'analyse structural-fonctionnelle, la recherche s'appuie sur l'observation participante (16 ans d'expérience professionnelle), un questionnaire administré à 87 agents des douanes, 12 entretiens semi-structurés avec des informateurs clés et une analyse documentaire critique des textes juridiques nationaux et internationaux. Les résultats révèlent un écart critique entre le potentiel légal et la performance opérationnelle : sur 1 245 dossiers de dédouanement examinés, seulement 1,85 % ont déclenché une suspicion formelle de contrefaçon, et seulement 0,32 % ont conduit à une suspension du dédouanement, indiquant une détection quasi inexistante et une action répressive symbolique. Une corrélation positive forte et très significative (r de Pearson = 0,679, p < 0,001) a été trouvée entre la qualité perçue de la GRH et la performance auto-déclarée dans les activités anti-contrefaçon. L'analyse de régression linéaire multiple montre que la qualité de la formation (β = 0,346, p < 0,001), la clarté des procédures (β = 0,351, p < 0,001) et la reconnaissance institutionnelle (β = 0,328, p < 0,001) expliquent conjointement 45,9 % de la variance de la performance (R² = 0,459 ; F = 23,43 ; p < 0,001). Un déficit majeur de compétence structurelle a été identifié, avec un écart moyen de 2,42 points sur 5 entre les compétences déclarées et requises, en particulier dans la maîtrise des bases de données de PI (écart de 3,0). L'ancienneté modère positivement la capacité de détection (différence de +1,60 point pour les agents ayant plus de cinq ans de service, t(85) = 11,838, p < 0,001), mais augmente simultanément le risque d'être capté par des réseaux de fraude. L'étude identifie trois déterminants organisationnels : (1) la planification stratégique de la main-d'œuvre, actuellement compromise par des logiques clientélistes plutôt que par une cartographie fondée sur les risques ; (2) le développement de compétences spécialisées, étant donné que 78 % des agents de Kasumbalesa ont déclaré n'avoir jamais reçu de formation spécifique à la DPI ; et (3) une culture organisationnelle déficiente dans laquelle le service des ressources humaines est perçu comme un « frein professionnel » plutôt que comme un levier stratégique.
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